La danse du Thé

Le thé chez Nancy et Christian

Depuis environ deux ans on avait abandonné le café du matin pour explorer le thé. En fait, au départ, c’était pas tant pour explorer que pour s’éloigner des effets secondaires d’une consommation quotidienne de café sur la digestion et sur le corps.

Au début on était plutôt Earl Grey ou Chaï.

De mon côté, je buvais plus de thés quand j’étais plus jeune. De toutes sortes, des thés en sachets aromatisés, mais aussi des thés indiens d’Assam ou du PuEr. Le thé c’était aussi indissociable des thés à la menthe du Maroc et des thés bouillis et mousseux de l’Afrique. Plus tard, à Sherbrooke, j’avais une amie qui a passé du temps en Chine et qui m’avait initié aux longues feuilles qu’on infuse plusieurs fois successivement, parfois tout au long de la journée.

J’aimais bien l’idée, et la sensation d’étirer le moment ou de revivre un moment qui se répète, un peu pareil mais un peu différent à chaque fois. Comme si on tirait sur l’élastique de la vie.

Et maintenant, avec La Danse du Thé, on a découvert tout un univers de nuances et de saveurs. Avec Nancy on aime échanger sur ce qu’on perçoit dans chacun des thés. On découvre des accords communs et des jardins-de thé-secrets. Le matin, maintenant, selon qui prépare le déjeuner, on se réveille aux notes de la Déesse de la Miséricorde ou de la Grande Toge Rouge de l’Empereur, du Big Bird Leaf ou du thé noir vivant.

Nancy aime le thé parce que c’est chaud. Ça donne du goût à l’eau chaude. Certains arômes la surprenne, champignon, salé, mais elle me dit »j’aime ça ».

Le matin surtout, après avoir préparé les enfants pour partir à l’école, il y a le moment dans le fauteuil près de la fenêtre qui permet de se recentrer, de focuser. C’est, dit-elle, le moment d’introspection avant de rentrer dans le bruit de la journée.

Moi j’aime aussi explorer le thé en solo, l’après-midi. Je trouve que le thé ça aide à la concentration et, l’après midi, ça accompagne une sorte de respiration entre le temps du matin et celui du soir, entre le temps de l’expression et le temps de l’introspection. Aussi, le soir surtout je trouve que le thé se déguste d’abord avec le nez. Ça m’est arrivé de passer de longues minutes juste à inhaler une tasse de Pu Er Chu. Là, je me retrouve dans le bois, le nez dans la sphaigne, avec des relents terreux et charnels.

Ou encore là, au moment où j‘écris ces lignes, le vieux thé blanc m’emporte dans un verger aux senteurs de pêches mûres et de pâte d’amande.

Le thé c’est souvent un voyage, immobile, seul ou partagé.

Christian Guillot

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